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L’imaginaire wallon dans la bande dessinée

Le projet même de l'exposition repose sur l'idée qu'il existe, indépendamment de la conscience plus ou moins vive que l'on peut en avoir, une certaine réalité wallonne susceptible d'imprégner les diverses expressions de la culture.
Par « imaginaire » wallon, nous visons assez simplement une certaine faculté de produire des images « marquées » de manière semblable par les réalités régionales. Plus concrètement, une des idées ayant conduit l'analyse est que l'on atteint jamais l'universel qu'à travers le singulier et que des récits qui nous paraissent «indifférents» sur le plan régional, peuvent se révéler en fait très situés : lorsque nous suivons les aventures de Natacha, par exemple, nous éprouvons spontanément les décors comme «universels» alors qu'ils sont spécifiquement wallons. Du point de vue du langage, on peut dire que cet imaginaire propre fonctionne en empruntant ses matériaux à la réalité wallonne (ses paysages, ses parlers régionaux, etc.) et en les insérant dans un contexte narratif où, déformés par ce contexte, ils acquièrent un sens nouveau. Montrer l'enracinement de cet imaginaire et dresser un inventaire de certains de ses éléments constitutifs, tel est un des buts poursuivis .
Par « wallon », nous entendions désigner de façon prioritaire les référents wallons, quel que soit par ailleurs le sentiment d'appartenance des auteurs. Dans cette mesure, on est parti du postulat qui veut que ces référents apparaîtraient de façon plus manifeste chez ceux qui sont issus de nos terres romanes, mais sans se priver d'autres sources qui auraient pu se révéler fécondes (tous ceux qui, ayant approché ces réalités d'une manière ou d'une autre, ont pu s'en imprégner). Nous avons donc consulté autant les auteurs dont l'enracinement wallon est manifeste (Servais, Comes, Walthéry, etc.) que des auteurs en apparence plus neutres (Mitacq, Denayer et Franz, etc.) ou non wallons (Hergé, Bucquoy, etc.).
Concrètement, l'exposition s'organisait en quatre espaces présentant des agrandissements de bandes dessinées relatifs à quatre thèmes repérés à l'occasion du dépouillement d'un corpus de plus d'un millier d'albums : les paysages, la présence des langues régionales, certains éléments sociologiques ayant une pertinence wallonne et enfin, les croyances et traditions populaires.


Patrimoine et mémoire sociale de Wallonie à travers la bande dessinée

Terre de bandes dessinées, la Wallonie a produit, depuis trois-quarts de siècle, un nombre impressionnant d’aventures de papier qui ont fait rêver les jeunes de 7 à 77 ans. Dans les décors de ces aventures, à travers les langues exotiques parlées par des héros lointains, etc., tout un imaginaire wallon s’est constitué, dont nous autres, qui sommes du pays, ne percevons pas toujours la spécificité.
De la monnaie syldave, le « khor », chez Hergé, qui n’est autre que le « caur » wallon désignant de l’argent (« Il a bran.min des caurs… », ‘Il a beaucoup d’argent…’), à la mine de Farsziën chez Mitacq, souvenir d’enfance de Farciennes, où Michel Tacq passait ses vacances chez son grand-père, d’innombrables images renvoient à nos réalités wallonnes.
Le thème « Au fil du labeur » retenu pour ces XIVe journées du Patrimoine en Wallonie nous invitait donc à des itinéraires variés à travers notre patrimoine imaginaire tel que l’ont fixé les créateurs de chez nous. Quelle surprise de découvrir au détour des cases l’activité des « faudeux », fabricants de charbon de bois, ou les forges de Mellier-Haut à l’Église, souvenirs de la métallurgie d’Ancien Régime ! Quel étonnement de trouver dans un décor étrange, les bâtiments du Grand Hornu ou le haut fourneau d’Ougrée !
L’exposition propose de redécouvrir ces lieux d’hier et d’aujourd’hui qui ont à ce point marqué nos mémoires que, frappés comme nous par la beauté de ces sites imprégnés du travail des hommes, les auteurs de bandes dessinées les ont fait revivre dans leurs histoires et nos esprits. Au-delà de la beauté de ces lieux, c’est aussi la mémoire des luttes émancipatrices qui nous ont fait ce que nous sommes et dont le souvenir nous invite à jeter un regard nouveau sur les combats d’aujourd’hui

 

Image de la Wallonie dans le dessin de presse (1900-1961)

Par sa nature même, le dessin de presse offre un caractère polémique qui se prête particulièrement bien au discours revendicatif : aussi est-ce tout naturellement à travers la presse wallonne de combat que l'on trouve le plus de « caricatures » mettant en scène la Wallonie. Si donc le corpus constitué à l'occasion de l'exposition (environ 500 dessins) ne peut pas être considéré comme représentatif de toutes les tendances de l'opinion, il présente néanmoins l'avantage de mettre en évidence une série d'éléments que seuls pouvaient percevoir ceux chez qui le sentiment d'appartenance wallonne était le plus vif.
Concrètement, l'exposition tente d''articuler trois dimensions incontournables de tout essai d'analyse de « l'imaginaire wallon » à travers le dessin de presse : la dimension chronologique, la dimension thématique et la dimension artistique. Du point de vue chronologique, L'exposition tient compte des grandes étapes historiques du développement des revendications wallonnes, des premiers balbutiements du mouvement wallon aux grandes grèves de 1960-1961, et propose un parcours décapant à travers le temps. D'un point de vue thématique ensuite, l'exposition intègre une approche des éléments récurrents présents à travers toutes les périodes, que ce soit en termes de représentations wallonnes (l'idée que « la Belgique, c'est la Flandre », la perception de la Wallonie comme une terre de grande industrie, porteuse du progrès social, etc.), ou en termes de présence des grandes figures du combat wallon (Jules Destrée, André Renard, etc.)… D'un point de vue artistique enfin, l'exposition tente de faire place aux grands graphistes qui ont illustré le genre en Wallonie (Ochs, Paul Caso, A. Servais, etc.) et de s'interroger sur l'existence de spécificités narratives, iconiques, etc.

 

Musée du Coq

Lors de la construction de sa Maison, en 1991, la Fondation a bénéficié du don généreux de la collection de coqs de Marcel Patigny (1927), parmi lesquels figurent quelques beaux spécimens de coqs wallons (coq hardi de gueule à la dextre levée). Ce petit clin d’œil à l’emblème de la Wallonie a trouvé sa place dans un petit musée spécialement conçu à cet effet et qui s’ouvre sur un jubé surplombant la grande salle de la Fondation.

 

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