Appartenances, frontières, diversité et universalisme
sous la dir. de L. Courtois et J. Pirotte, avec la coll. de S. Lemaître
Publications de la Fondation wallonne P.-M. et J.-F. Humblet.
Série recherches, t. VI
Louvain-la-Neuve, 2013
368 p.
ISBN13 : 978-2-930479-08-8

Les identités, les quêtes et les conflits identitaires ont connu au tournant du XXIe siècle en Europe un regain d’intérêt. Ces questions ont alimenté le débat citoyen sur les possibilités de créer un nouveau « vivre ensemble sur un espace commun », quelles que soient les appartenances de chacun, linguistiques, culturelles, religieuses ou nationales. En France notamment, depuis 2009, un vif débat a porté sur l’identité nationale. On a vu alors s’affronter les thèses les plus diverses et parfois les plus contestables. Ailleurs, c’est la question du voile islamique à l’école ou dans la fonction publique qui périodiquement alimente les débats sur l’identité voire sur un communautarisme, terreau nourricier d’extrémismes agressifs. La violence est-elle la seule issue à la diversité des humains ? Sont-ils condamnés aux « identités meurtrières », pour reprendre le titre d’un essai sur la question (Amin MAALOUF) ?

En Belgique, dans le contexte des crises politiques des années 2007 à 2011, le problème latent depuis des décennies est devenu plus crucial : l’émergence de plus en plus nette d’une nation flamande sonnait-elle la fin de l’État belge et, quelle que soit la réponse, impliquait-elle la nécessité d’élaborer une image plus forte et plus dynamique d’une Wallonie, d’une part, et de Bruxelles, d’autre part, deux régions contraintes d’émerger sur les plans économiques et politiques.

La question posée ici, celle des identités régionales dans le passé et la façon d’écrire l’histoire, peut se formuler ainsi : Que peuvent nous apporter les expériences anciennes dans le débat citoyen d’aujourd’hui ? Pour baliser le champ d’analyse, quatre pistes de réflexion ont été retenues. Elles sont précédées d’un préambule thématique, situant les héritages et constructions identitaires dans leur perspective historique et les approches théoriques déjà réalisées.

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L'émigration wallonne vers la Suède. Histoire et mémoire (XVIIe-XXIe siècle). Hommage au Professeur Anders Florén (†), sous la direction de L. Courtois, M. Dorban et J. Pirotte, 2003, 300p., 25 ill.
Référence : SR 04
ISBN 2-9600072-9-8

En Suède, il n'est pas un habitant qui ne connaisse l'histoire prestigieuse des « valonbruk », ces grands complexes intégrés de forges fondés au XVIIe siècle par des migrants wallons et localisés principalement dans l'Uppland (Forsmark, Gimo, Leusta, Osterby, Söderfors, etc.). Organisés en véritables ensembles industriels, ces sites comprenaient, entre les bâtiments de travail (hauts fourneaux, forges, ateliers, etc.) et le château du propriétaire, un quartier d'habitations où étaient logés les ouvriers et leur famille. Comprenant église, école, magasin, infirmerie, hospice, etc., gérés par le tenancier, ces villages industriels sont apparus à d'aucuns comme une préfiguration de la Suède moderne et de son modèle social.

Redécouverte en Belgique à la fin du XIXe siècle, l'émigration wallonne qui occupa ces complexes n'avait jamais été étudiée systématiquement jusqu'à présent. C'est à cette tâche que se sont attelés les départements d'histoire de l'Université catholique de Louvain et de l'Université d'Uppsala dans le cadre d'un accord de coopération. Deux rencontres internationales tenues à Louvain-la-Neuve et Uppsala en 1997 et 1998 ont permis à une vingtaine de spécialistes belges et suédois de diverses disciplines (histoire, archéologie, géographie, linguistique, musicologie, etc.) de renouveler profondément notre connaissance en ce domaine. Le présent ouvrage, publié également en suédois, est le fruit de ces rencontres et fournit un aperçu très neuf de « l'épopée des Wallons de Suède ».

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Les lieux de la mémoire wallonne, sous la direction de L. Courtois et J. Pirotte, 1999, 324 p., 23 ill.
Référence : SR 02
ISBN : 2-9600072-1-2

Autant que son territoire géographique, l’être humain habite son utopie, ce pays imaginaire qu’il construit aux dimensions de ses limites et de ses rêves. N’en irait-il pas de même des communautés humaines qui, en s’organisant sur une parcelle d’espace terrestre, l’aménagent en fonction des besoins présents mais aussi à la mesure de leurs fantasmes ? Exigences des lieux et nécessités physiques stimulent les facultés adaptatrices et contribuent à façonner cet ensemble de repères spatiaux et mentaux auxquels se rattachent les communautés. Organisation spatiale, vie sociale et recherche de sens s’entremêlent ici intimement.

Jeune par son existence constitutionnelle, la Wallonie doit reconnaître son espace, aménagé au fil des siècles par des réponses aux contraintes géographiques, un espace vieux et jeune à la fois, chargé d’histoire, d’hypothèques et de rêves. Elle doit investir cet espace, le mesurer, jauger ses ressources humaines et économiques, mais aussi évaluer la charge de son potentiel symbolique. Une besogne de géomètre en quelque sorte, qui redéfinit le tracé du domaine, plante des jalons nouveaux, redécouvre des bornes anciennes sous la mousse ! Besogne préalable et nécessaire pour que la Wallonie puisse enraciner son utopie dans ses lieux !

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Enjeux citoyens et chances pour l’avenir
sous la direction de L. Courtois et J. Pirotte, 2006, 184 p.
Référence : SR 05
ISBN10 : 2-930479-00-0
ISBN13 : 978-2-930479-00-0

L’apprentissage d’une langue est toujours un investissement difficile et lourd de conséquences, c’est pourquoi il s’agit d’opérer les bons choix. En vue de contribuer à une réflexion sereine sur la question, la Fondation wallonne se propose de réunir, d’une part, différents spécialistes (linguistes, socio-linguistes, sociologues, historiens, géographes, économistes) et, d’autre part, des acteurs de terrain et des citoyens engagés, non pas dans la perspective illusoire de les mettre d’accord, mais pour manifester la diversité des enjeux et établir des bilans aussi clairs que possible sur les avantages et les inconvénients des diverses solutions proposées.

L’objectif n’est pas de préconiser une solution unique valable pour l’ensemble des Wallons de toutes les sous-régions. L’objectif est d’éclairer les citoyens (les parents mais surtout les jeunes scolarisés) et, bien sûr, les décideurs sur les implications de leurs choix politiques et pédagogiques, sans jeter a priori d’exclusive sur l’une ou l’autre langue. Il faut débusquer dans les discours tenus sur cette question toutes les idéologies contradictoires sous-jacentes : obsession « belgicaine » dans un État belge qui s’est régionalisé, hantise antiflamingante, phobie de l’hégémonie anglophone, etc. Le seul parti pris est celui d’éclairer le débat afin de suggérer le mieux pour la jeunesse de Wallonie.

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Pour une éducation citoyenne
sous la direction de L. Courtois et M.-D. Zachary, 2001, 219 p., 8 ill.
Référence : SR 03
ISBN : 2-9600072-8-X

Dans notre société largement médiatisée, l’école a perdu une bonne part de sa fonction classique de socialisation. Quelle place peut-elle encore jouer dans une éducation à la citoyenneté active ? La question est d’autant plus cruciale que la crise de l’école s’accompagne aujourd’hui d’une crise des vieilles identités nationales.

Entre l’appartenance de plus en plus factice aux États-nations traditionnels et l’immersion forcée dans un monde en voie de globalisation, quels sont les lieux où peuvent encore s’exprimer et se définir des appartenances citoyennes ? Pour les Wallons, deux espaces politiques nouveaux sont susceptibles de prendre le relais dans la perspective des identités postnationales fondées à la fois sur l’adhésion à des principes universalistes et sur l’enracinement dans les cultures locales : l’Europe, qui depuis un demi-siècle cherche à se construire politiquement au départ d’un processus d’intégration économique, et la Wallonie qui, depuis la réforme de la Constitution de 1970-1971, a acquis une existence institutionnelle à travers la Région wallonne. Réfléchir sur de nouvelles articulations entre une école aux missions redéfinies et une citoyenneté renouvelée qui intègre l’universel et le régional, telle est l’ambition du présent ouvrage.

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sous la direction de L. Courtois et J. Pirotte, 1994, 289 p., 15 ill.
Référence : SR 01
ISBN : 2-9600072-0-4

L’imaginaire appartient au domaine du non clos, du non encore accompli, voire à ce champ flottant entre l’inconscient profond et la créativité folâtre. Comment évoquer l’imaginaire sinon en termes de potentialités d’être à partir de matériaux certes toujours hérités, mais sans cesse renouvelés ? Quant à l’imaginaire wallon, comment en parler sans retracer les naissances récentes et encore incertaines de la Wallonie, ses accouchements par à-coups dans les crispations communautaires des dernières décennies ? Imaginaire et Wallonie, ces deux mots semblent avoir en commun de se situer dans le non encore réalisé… le chimérique diront les pessimistes… l’espérance d’être diront les optimistes. Comme être social, comme communauté humaine, la Wallonie doit vivre son aujourdhui et préparer son demain en les lisant à travers un imaginaire.

L’illusion est manifeste de ceux qui, méprisant ces questions, prétendent concentrer leurs efforts exclusivement sur l’économique en négligeant le mental… parce que les êtres humains n’ont prise sur le monde réel qu’à travers un système de représentation. Comme toute firme se présentant sur le marché, comme toute société cherchant à être reconnue par ses semblables, la Wallonie, si elle veut s’épanouir en tant que telle, se mettra en quête d’une identité, cherchera à soigner son image, voudra mobiliser les énergies autour d’un certain consensus. Afin de débusquer l’imaginaire wallon en ses lieux favoris d’expression, la Fondation wallonne P.-M. et J.-F. Humblet a demandé la collaboration de 17 spécialistes, reconnus dans leur domaine, pour établir un premier inventaire des matériaux de l’imaginaire wallon sur lesquels la construction identitaire peut s’appuyer. Historiens, musicologues, géographes, linguistes, politologues, sociologues ont ainsi uni leurs compétences pour dresser un bilan en toute sérénité. Leur travail s’arrête ici : les éléments réels mais encore épars d’un imaginaire wallon ne s’assembleront que si se manifeste une volonté des politiques, des décideurs économiques et des groupes de pression pour rendre cohérente une image de marque ouverte et dynamique.

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